Bernanos sort de son placard

Mis à jour : 9 juil. 2018

Elles sont toutes les quatre d’accord sur un point. Georges Bernanos est un visionnaire. Un auteur à découvrir et sur lequel il faut se défaire des étiquettes qui lui ont été mises. Françoise Lecocq, Anne-Marie Nicolas, Michèle Légeron et Marie-Louise Bruls ont été complètement retournées par cet auteur sur lequel des appréhensions régnaient. « L’image que j’en avais, c’était celle d’un vieux qui avait mauvaise réputation ». Un côté très droit, très extrémiste lui colle à la peau. « La première partie de sa vie a été marquée par la droite. C’est un écrivain qui a beaucoup côtoyé l’extrême droite ».

Françoise Lecocq appartenant au syndicat initiative était réticente quand l’annonce de mettre en place un évènement autour de l’auteur enterré à Pellevoisin est tombée. Mais en découvrant l’homme et son œuvre par l’intermédiaire de Pierre Schmidt, rédacteur en chef de la Renaissance lochoise, l’ancienne institutrice s’est rendue compte que « l’auteur est victime d’une image réductrice ». Elle a commencé la lecture d’un Journal de curé de campagne et de Sous le soleil de Satan qu’elle n’a pas réussi à terminer. Face à ce deuxième ouvrage Anne-Marie Nicolas s’est retrouvée dans la même difficulté.


Au-delà des étiquettes

Les deux lectrices ne se sont pas découragées et se sont lancées dans une recherche documentaire pour aller au-delà de leur impression. Quand elle a commencé à se plonger dans les ouvrages de Bernanos, notamment la France contre les robots, Anne-Marie Nicolas avait un papier et un crayon auprès d’elle. « J’aurais voulu noter des dizaines de citations ». Les quatre femmes, de manière unanime, ont trouvé que l’œuvre de Bernanos est difficile à lire mais avec une densité de pensées. Imprégnée par ses écrits Michèle Légeron témoigne « quand on parle du cheminement de Bernanos, cela intéresse tout le monde ».

Malgré l’image négative véhiculée autour de cet homme, le simple fait que quelques personnes se lancent dans la découverte, un rayonnement commence à se faire sentir. Une imprégnation de la pensée de Bernanos est présent dans chacune des lectrices qui se sont aperçues que même si « son langage n’est plus à la mode car c’est un langage cru », sa pensée reste d’actualité. Grâce à leur lecture, un processus de renversement s’est opéré en chacune d’elles. Marie-Louise Bruls n’hésite pas à avouer : « j’ai révisé mon opinion. J’ai découvert quelqu’un d’autre ». Une rencontre avec l’auteur s’est effectuée.


Une rencontre extraordinaire

Michèle Légeron révèle que l’homme « n’appartient à aucune école. Il se forge son opinion et n’hésite pas à condamné ». Georges Bernanos refuse les pensées toutes faites. Il se lance lui-même dans la réflexion et défend ses idées pour lui et les autres. La liberté est une notion à laquelle il attache beaucoup d’importance. « Il condamne la robotique » qui prive de cette liberté. C’est un homme qui « s’autorise de réfuter ses opinions ». L’exemple même est son attachement initial à Franco auquel il finira par affronter. « Bernanos avait sa tête mise à prix par Franco ».

Les unes contre les autres ont tiré profit de leurs lectures et recherches. Anne-Marie Nicolas avoue que « cela m’a clarifiée dans ce que je pensais ». Elle s’est aussi aperçue que « nous acceptions le manque de liberté face à l’asservissement ». Et son ambition est d’ailleurs de partager son expérience. « J’ai envie de le faire lire et de le faire connaitre. Il faudrait se concentrer sur sa pensée car il peut réveiller les consciences ». Une totale réversion s’est produise chez les quatre femmes et même « une leçon d’humilité » reçue pour Françoise Lecocq.


Anne-Marie Nicolas, Michèle Légeron et Marie-Louise Bruls (de gauche à droite)

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