Bodin-Joyeux, du parchemin en bonus

Levroux a été longtemps la ville du cuir. Plus d’une trentaine de mégisseries existaient il y a plusieurs décennies. Aujourd’hui, deux entreprises ont réussit à percer. L’entreprise Rousseau dont Boischaut-Nord mag a consacré un article en décembre, et Bodin-Joyeux dont nous allons consacrer cet article.

L’entreprise Bodin-Joyeux existe depuis 1860 mais a été racheté en 2013 par la maison de luxe Chanel. Pour celle-ci, l’avantage d’avoir investi ses capitaux dans cette mégisserie, c’est qu’elle est sur d’avoir une matière première de qualité et à moindre coût. Possédant sa propre entreprise de fabrication, l’achat du cuir disparait et Chanel réalise une économie.


La spécificité de l’entreprise

Contrairement à Rousseau, l’entreprise a souhaité garder la fabrication du parchemin dans le but de conserver le savoir-faire. Celui-ci est important aujourd’hui avec la mondialisation. Le made in France assure une qualité du produit. Malgré tout, la matière première issue de peaux d’agneaux sert aussi pour la maroquinerie de luxe.

La société nombre une centaine de personnes qui « travaillent de la peau de première qualité des agneaux espagnols », soulève Alain Hubert, directeur général de l’entreprise. Ceux-ci récupèrent les peaux brutes sorties de l’abattoir et les traitent jusqu’à la finition. Les cuirs sont alors expédiés pour la maroquinerie, les chaussures et l’habillement.


Le parchemin en plus du cuir

Avec l’entreprise Rousseau qui est aussi basée sur Levroux, « il y a une concurrence saine, expose le directeur général. Nous nous rendons aussi des services aussi. Nous sommes voisins, c’est normal que nous nous dépannions ». Cette entraide est aussi facilitée par le simple faite que leurs marchés ne sont pas les mêmes.

L’entreprise Bodin-Joyeux a notamment des marchés ouverts grâce à la fabrication des parchemins. « Nous faisons 3000 peaux en parchemin par an, dévoile Alain Hubert, c’est un centième de ce que nous faisons en cuir ». Il s’avère qu’aujourd’hui peut d’artisans savent travailler le parchemin. Le savoir-faire disparait.


Stand de l'entreprise lors de la fête du cuir en octobre 2018

Rare est de trouver

« C’est un produit qui est très difficile à utiliser, c’est délicat ». Il y a encore quelques décennies de cela, des objets étaient fabriqués en parchemin. Mais la mode ayant changée, la demande est beaucoup moins forte. « Aujourd’hui, la principale utilisation c’est la décoration d’intérieure », affirme le directeur général de Bodin-Joyeux.

Le parchemin en plus d’être utilisé pour de l’ameublement, il est toujours en vogue dans le milieu de l’écriture mais dans un cadre souvent plus artistique. Des personnes qui se mettent à la calligraphie utilisent souvent du parchemin. L’autre type de clientèle est les bibliothèques ayant des livres très anciens, notamment la bibliothèque du Vatican.


Garder et transmettre un savoir-faire

Pour que le métier de tanneur ne se perde pas, il est important pour l’entreprise de former du personnel. Chez Bodin-Joyeux cela passe par la formation continue. « C’est un travail manuel tellement particulier qu’il faut apprendre sur le poste, affirme le directeur général. Pour des niveaux techniciens ingénieurs nous prenons des stagiaires de 2ème et 3ème année de l’école de tannerie française à Lyon ».

Souvent les jeunes diplômes trouvent un emploi dans la tannerie de Levroux. Alain Hubert remarque que le métier se féminise. Mais l’entreprise n’hésite pas à former sur le poste. Ce sont des formations qualifiantes établies avec le Centre technique de cuir. Tous les 2 ans, c’est 2 à 3 sessions de formations qu’ils organisent.

© 2018 par Boischaud-Nord mag. Créé avec Wix.com

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