L’école à la maison : un bilan mitigé

Le confinement a engendré une situation nouvelle pour les parents. Trois mères de famille ont accepté de témoigner de cette expérience. Pour respecter leur anonymat, ni leur prénom ni leur nom ne seront nommés. La première mère a des jumeaux de 13 ans en classe de 5ème. La deuxième mère a deux enfants en primaire un de 7 ans en classe de CP et le second a 10 ans est en CM1. La troisième mère a quatre enfants, trois au collège en 6ème, 4ème et 3ème. Son ainée, quant à elle au lycée en seconde.

Quelques soient les établissements scolaires, de la primaire au lycée, « les professeurs ont très vite mis en route une continuité pédagogique », précise la troisième mère. Pour l’ensemble des enfants, une connexion à internet était nécessaire pour les rendez-vous avec les professeurs sur la plateforme Pronote, ou la réception des devoirs par emails. Mais le démarrage n’a pas était simple pour tout le monde car il y a eu des saturations de réseau les premiers jours de confinement.


Un nouveau rythme à prendre

En plus de bouleverser le quotidien des parents les enfants ne perçoivent pas tous de la même manière ce temps exceptionnel. Pour certains, « ils ont d’abord pensé qu’ils étaient en vacances », avoue la troisième mère. Mais les dispositions de travail arrivant très vite, tout à chacun ils se sont mis au travail tant bien que mal selon leurs facilités. « Mes enfants s’adaptent à la situation de cours à la maison mais peuvent bloquer sur certaines matières où les cours sont complexes », explique la deuxième mère.

Certains enfants arrivent à se caler sur le nouveau rythme comme l’aîné de la deuxième mère. « Chaque jour l’apprentissage du grand lui paraît logique et travaille relativement bien » Mais d’autres sont comme son second enfant. « Pour le plus petit c’est un peu compliqué, il n’aime pas forcément mais il travaille quand même avec une assez une bonne progression dans l’ensemble » en sachant qu’il est dans une année charnière. Rappelons que le CP est l’apprentissage des bases de la lecture, l’écriture et le calcul.


Des situations familiales différentes

Selon le niveau, et selon l’organisation familiale, les difficultés ne sont pas les mêmes. Se présente ici trois témoignages avec trois situations différentes. La première mère travaille mais son mari a pris sa retraite quelques temps avant le confinement. La deuxième mère travaille aussi, et son mari aussi mais leur travail leur permet d’être présent auprès de leurs enfants par intermittence. Quand à la troisième mère, elle travaille chez elle pour le compte de son mari qui lui travaille à l’extérieur.

Bien que présents autant que possible pour leurs enfants, les parents éprouvent certaines difficultés à aider leurs enfants, ne serait-ce déjà que par l’apprentissage des méthodes qui diffèrent selon les générations. « Les enfants ont besoin d’être aidés par leur qui ne travaille plus mais qui est dépassé par le nouveau programme scolaire, explique la première mère. Dés mon retour du travail, je dois prendre la relève sur certaines matières. De plus nous ne sommes pas des enseignants, la méthode d’apprentissage n’est pas forcément la meilleure ».

Facilité ou décrochage ?

Quant à l’implication des professeurs, ils diffèrent selon les niveaux. La deuxième mère dont ses enfants sont en primaire constate un vrai suivi. « Les enseignants sont disponibles par email et relativement impliqués », développe-t-elle. Pour son cadet, leur institutrice a proposé des cours de soutien par visio la seconde semaine des vacances de printemps. Pour ses jumeaux, la première mère reconnait que « l’organisation entre élèves et professeurs n’est pas trop mauvaise car ils peuvent les interroger dés qu’ils éprouvent le besoin ».

Pour le lycée, la troisième mère constate que « la communication avec les parents est complètement inexistante ! Certes les lycéens sont plus grands mais ils ont aussi besoin de se sentir soutenu ». Cette mère commence à s’inquiétait car elle voit que ses enfants commencent à décrocher dans certaines matières. Et ce sont « des matières pour lesquelles je ne peux pas beaucoup les aider », se désole-t-elle. Les moyens mis en place pour les élèves sont dans l’air du temps mais des inquiétudes peuvent être soulevées. Ils sont encore plus sur les écrans et certains malgré tous les efforts fournis par eux-mêmes et leurs parents risquent de perdre une année. Les résultats se révèleront au retour à la scolarité.


Josiane AUGIS

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