L’ergothérapie, une solution pour une vie accidentée

Mis à jour : sept. 6

Le métier d’ergothérapeute est très peu connu. Dans le nord du département, il n’y a qu’une seule personne basée à Levroux qui exerce cette activité. Boischaut-Nord mag a rencontré Sophie Singer qui nous présente son métier avec une grande passion. La jeune femme exerce cette activité depuis 12 ans après avoir étudiée à Berck-sur-mer dans le Nord-Pas-de-Calais. Elle a dans un premier temps exercé dans les Ehpad. « Avec le plan Alzheimer 2008-2012, il y a eu pas mal de postes de créés, explique l’ergothérapeute. C’est dans ce contexte là que j’ai été recrutée pour deux unités Alzheimer et puis la maison de retraite m’a fait travailler sur le reste de la structure ».

Elle continue son expérience dans un autre département, à mi-temps avec des personnes atteintes de la maladie Alzheimer et « j’ai rejoins une équipe qui faisait de la recherche clinique auprès des retraités, dévoile la jeune femme. L’idée était de faire de la prévention au sens large ». Sophie Singer a complété sa formation grâce à cette équipe pluridisciplinaire et a découvert le chemin qu’elle voulait prendre pour l’avenir. « Cette expérience m’a vraiment plût sur l’approche dans le lieu de vie, d’être au contact de la personne dans son environnement et pas dans un environnement extérieur ». Et la surprise de l’ergothérapeute, c’est qu’à travers le libéral, elle redécouvre l’essence même de son métier.


Se modeler à l’environnement de la personne

Pour des raisons personnelles Sophie Singer est revenue dans l’Indre, sa région natale, où elle exerce son métier à mi-temps au près des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies neurodégénératives à domicile. Et depuis décembre 2019, la jeune femme s’est installée en libéral. « J’avais envie de diversifier mes actions auprès de cette population âgée », précise-t-elle. Et avec son expérience, elle s’est rendue compte que « la perception du domicile m’a permit de voir que dans ce que je faisais auparavant ne correspondait pas du tout à la réalité de vie des personnes ».

Quand l’ergothérapeute rencontre une personne pour l’aider, c’est une nouvelle aventure et une nouvelle relation qui nait entre les deux. L’essence même de ce métier est l’activité comme le signifie la racine ergo. « Le métier fait le lien entre santé et activité, définit Sophie Singer. Dans un sens comme dans l’autre c’est-à-dire que nous pouvons avoir un problème de santé qui peut impacter nos activités » et l’ergothérapeute va intervenir auprès de la personne ou de son environnement pour que l’activité devienne possible mais aussi que « l’activité peut avoir une incidence sur la santé psychologique ou physique ». Dans ce cadre là le professionnel va accompagner la personne de façon à avoir le moins d’impacts possibles.


Sophie Singer, ergothérapeute à Levroux

Un peu d’histoire

La profession d’ergothérapeute a pris naissance dans les hôpitaux psychiatriques. La racine de cette thérapie vient des États-Unis et du Canada. « Ce sont les médecins qui ont développé l’activité comme thérapeutique aux troubles psychiques, rappelle Sophie Singer. En France, cela a émergé après les guerres en lien avec les mutilés qui revenaient ». Après la Première Guerre mondiale, les hôpitaux vivaient en vase clos c’est-à-dire que les malades participaient au quotidien en réalisant le potager par exemple. C’est ainsi que les médecins ont mis en évidence l’impact positif de l’activité sur les malades. « Le métier a pris de l’essor dans les années 1950 parce que l’OMS qui a mis en place des procédures pour la santé des personnes ».

Les premiers ergothérapeutes étaient des infirmiers exerçant en psychiatrie qui se spécialisaient dans la thérapie par l’activité. Et ce n’est que dans les années 1970 que le métier a été reconnu et validé par un diplôme d’État. « C’est même compliqué pour nous ergo de trouver notre place et de définir notre métier, avoue Sophie Singer. Je pense que je sais mieux le définir depuis que je suis en libéral parce que j’ai été confrontée à présenter mon métier ». L’ergothérapeute est amené à analyser l’activité du patient, et à considérer l’autonomie de la personne en tenant compte de ses habitudes de vie et de son environnement.


Dans le vif du sujet

Pour établir le travail à effectuer avec le patient, l’ergothérapeute s’appuie sur trois pôles. « Qui est la personne ? Quelles sont les activités ciblées ? Quel est l’environnement qui gravite autour de cette personne ? ». Le professionnel va encore plus loin afin de savoir s’il y a des pathologies, des contre-indications liées à une pathologie, quelles sont les motivations de la personne. Il est important pour lui de bien connaitre la personne pour lui permettre d’avancer et d’aborder la problématique. Il a un terrain très vaste pour agir dans l’intérêt de la personne. Dans le cadre des personnes âgées, cela peut permettre à la personne de rester à la maison ou bien l’accompagner dans la préservation de ses activités et rôles lors d’une entrée en maison de retraite.

La mise en application d’une démarche avec un ergothérapeute commence par un premier entretien avec la personne « afin d’explorer un maximum de champs et que je puisse cibler les axes de soins ». Généralement, elle se fait au cabinet. Dans certains cas il peut il va y avoir une seconde séance de bilan pour prioriser les axes d’intervention. Et d’autres séances de mises en pratique suivront. « Mais il faut en discuter avec la personne car le financement des séances peut être un frein, évoque Sophie Singer. Nous exerçons sur prescription médicale mais en l’absence de convention avec la sécurité sociale, cela ne permet pas un remboursement des soins en ergothérapie. Parfois les mutuelles, caisse de retraite ou assurances peuvent accorder une aide pour le financement des soins en ergothérapie ».

Josiane AUGIS

© 2018 par Boischaud-Nord mag. Créé avec Wix.com

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