La langue des signes, pas seulement pour les Sourds

Mis à jour : 5 févr. 2019

Samedi 5 janvier 2019, la médiathèque de Valençay a accueilli Marc Panel qui a appris la langue des signes française. Une vingtaine de personnes était présent à la séance de découverte. Certaines d’entre-elles connaissaient un peu les signes.

On peut distinguer 4 types de handicaps. Le mental qui est détecté depuis longtemps et pour lequel des institutions ont été mises en place. « On s’en est toujours occupé plus ou moins bien », met en avant Marc Panel.

Les personnes à mobilité réduites sont visibles à l’œil nu. Pour eux, il y a aussi eu des aménagements pour eux. « On essaye de faire des rampes d’accès, de faire des créneaux sur les trottoirs ».

Les personnes aveugles sont distinguables par leur canne blanche. Pour les aider, il y a les bandes rugueuses ou encore des signaux sonores aux feux. « Mais les Sourds ont toujours été sur la touche, ont été considéré comme des déficients mentaux ».


Marc Panel partage son savoir des langues des signes à la médiathèque de Valençay

La découverte d’un « dieu »

Dans l’histoire, ils ont connu des différences de traitements. Au Moyen-âge, les sourds n’avaient pas le droit de se marier ou d’hériter. « Toujours exclus de la société, précise l’intervenant. Cela a été un gros problème pour eux ».

Un homme, un prêtre a donné son attention à deux jeunes adolescentes sourdes. L’abbé de L’Épée, en 1760, les prend sous son aile et « met en place ce qui est devenue la langue des signes, explique Marc Panel. Il est considéré comme un dieu par tous les Sourds ».

Un siècle avant, des prémices de cette communication a eu lieu en Espagne. On a associé les signes à des syllabes. « Cela n’aurait pas marché ». L’abbé de L’Épée a choisi de mettre en corrélation les signes avec les mots.

Ce fut un tel succès, que les personnes sont venues de l’Europe entière et même des États-Unis. La méthode s’est ainsi exportée dans le monde entier. La France est donc devenue le berceau de la langue des signes.



Un tournant malencontreux

En 1880, alors que la langue des signes fonctionnait très bien, un congrès international s’est mis en place à Milan, en Italie. Après 5 jours, les institutions présentent, en majorité religieuses, veulent que la langue des signes s’arrête.

La raison est que dans la majorité de ces institutions la confession est obligatoire. L’ambition était de permettent aux Sourds d’oraliser mais avec de fausses excuses. « Ils ont mis en avant qu’en obligeant les gens à oraliser, ils allaient mieux respirer », explique Marc Panel.

La véritable raison est que la langue des signes dérangeait pendant la confession. « Quand les personnes parlaient de choses très graves comme l’inceste ou l’adultère en langue des signes, explique l’intervenant, ils avaient l’impression qu’ils revivaient la scène ».

Après avoir séparé ceux qui signaient et avoir attaché les mains des enfants dans le dos pour éviter de communiquer entre eux, tous les pays d’Europe ont fait marche arrière. 4 à 5 ans après le congrès, la langue des signes est de retour sauf en France.


Une amélioration récente

« En France, la langue des signes était interdite jusqu’en 1991 », affirme Marc Panel. Elle n’a pas disparue grâce à la transmission dans les familles et dans les cours de récréation ou encore dans les quartiers des grandes villes.

Alors qu’en Angleterre, en Allemagne, en Italie et dans le reste de l’Europe, la langue des signes est apprise au sein de l’école. Une uniformisation de la langue s’effectue. En France ce n’est pas le cas. Chaque région signe à sa façon.

« En 1991, en France, quand la loi de Fabius a autorisé le bilinguisme dans les écoles, explique Marc Panel, vous aviez 7 façons différentes de signer le mot maman ». Et le problème c’est d’uniformiser car chaque région est attachée à sa langue des signes.

La langue des signes est devenue langue officielle avec la loi de février 2005. Deux ans après, premier examen en langue des signes du bac. « Jusqu’à ces dates, les Sourds n’avaient pas accès à une instruction élevée ».


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